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De Berthierville à Notre-Dame-de-la-Merci : Lanaudière fait revivre la légende de Gilles Villeneuve

Vie culturelle
4 novembre 2026

Une décennie de travail pour faire revivre une légende

Raconter les débuts de Gilles Villeneuve au cinéma représentait un défi de taille. Pour donner vie à cette histoire, l'équipe derrière Villeneuve : The Rise of a Legend a consacré près de dix ans au développement et à la réalisation du projet. À lui seul, le tournage s'est échelonné sur trois années, ponctuées d'interruptions liées à des défis techniques et budgétaires. Une aventure de longue haleine qui témoigne de la détermination de l'équipe à mener ce projet jusqu'au grand écran.

Dès le départ, l'ambition était claire : produire un film capable de rivaliser, sur le plan visuel, avec les grandes productions américaines, mais avec un budget considérablement plus modeste. Un défi qui a demandé à l'équipe de faire preuve d'une créativité et d'une ingéniosité remarquables.

Plutôt que de multiplier les déplacements à l'étranger ou de recourir systématiquement à des ressources extérieures, la production a choisi de miser sur le savoir-faire québécois. Et c'est tout particulièrement dans Lanaudière qu'elle a trouvé plusieurs des artisans, des installations et des solutions techniques nécessaires à la concrétisation du film.

Un choix à la fois pratique, économique et symbolique, puisque Gilles Villeneuve lui-même était originaire de Berthierville.

Ainsi, bien au-delà des lieux de tournage, c'est toute une région qui a contribué à faire revivre les premières années de compétition du pilote, notamment son parcours en Formule Atlantique, avant son accession à la Formule 1.

À Rawdon, des voitures de course recréées de toutes pièces

Pour replonger les spectateurs dans les premières années de compétition de Gilles Villeneuve, l'équipe de production devait relever un défi de taille : recréer les monoplaces de Formule Atlantique de l'époque, en demeurant le plus fidèle possible aux véhicules réellement conduits par le pilote, tout en les rendant fonctionnelles pour les besoins du tournage.

C'est à Rawdon que ces répliques ont pris forme, grâce au savoir-faire d'artisans lanaudois. De la mécanique à la carrosserie, en passant par l'assemblage et la peinture, chaque étape de leur fabrication a été réalisée dans la région. Dotées notamment de moteurs de Mazda Miata, les voitures ont été conçues pour rouler véritablement sur circuit, même si leurs performances demeurent inférieures à celles des bolides originaux.

Mais l'ingéniosité de l'équipe ne s'est pas arrêtée là. Afin de multiplier les véhicules visibles à l'écran sans devoir en construire une douzaine, les voitures ont été conçues avec des carrosseries interchangeables. En fabriquant plusieurs habillages extérieurs pouvant être retirés et remplacés, l'équipe a réussi à donner l'impression qu'une douzaine de voitures différentes avaient été utilisées lors du tournage. Pourtant, sous ces carrosseries se cachaient toujours les quatre mêmes véhicules !

Le travail réalisé à Rawdon s'est également étendu à certaines scènes de conduite et de cascades. C'est notamment dans le garage de Marc Côté, coproducteur du film et président de l'entreprise Real by Fake, que des prises de vue à l'intérieur des véhicules ont été réalisées, dont des plans rapprochés des mains et des pieds des pilotes. Une autre façon ingénieuse de recréer l'intensité des courses tout en s'adaptant aux contraintes de la production.

Derrière ces quelques secondes qui défileront à l'écran se cachent donc des heures de conception, de fabrication et d'adaptation. Un travail minutieux qui illustre toute l'expertise et la créativité des artisans lanaudois ayant contribué à cette production.

De Mécaglisse à Joliette : Lanaudière se transforme en circuit de course

Pour recréer les compétitions qui ont marqué les débuts de Gilles Villeneuve, l'équipe de production n'a pas eu besoin de parcourir le monde à la recherche de circuits automobiles. C'est plutôt dans Lanaudière qu'elle a trouvé les installations nécessaires pour donner vie à ces scènes spectaculaires.

Le circuit Mécaglisse, situé à Notre-Dame-de-la-Merci, a notamment accueilli une douzaine de journées de tournage, tandis qu'environ une trentaine se sont déroulées à l'aéroport de Joliette. Ces deux installations ont servi de décor aux différentes séquences de course du film, y compris celles dont l'action se déroule à l'étranger.

Grâce au travail des équipes d'effets visuels, notamment celui de l'entreprise québécoise Real by Fake, ces lieux ont pu être transformés à l'écran pour représenter plusieurs circuits différents. Une prouesse technique qui a permis à la production de recréer des environnements de course variés, tout en évitant les coûts considérables qu'auraient entraînés des déplacements aux quatre coins du monde.

Même les scènes finales du film, qui se déroulent en Italie, ont été tournées à l'aéroport de Joliette ! Quant aux séquences se déroulant dans les puits de course, elles ont été réalisées au circuit Gilles-Villeneuve, à Montréal.

Mais malgré toute l'ingéniosité déployée, certains éléments demeuraient impossibles à recréer avec les moyens disponibles. C'est notamment le cas d'une course marquante de Gilles Villeneuve survenue sous la pluie. Ne disposant pas du budget nécessaire pour arroser artificiellement l'ensemble de la piste de Mécaglisse, l'équipe a dû patienter jusqu'à ce que dame Nature lui offre les conditions recherchées.

Une anecdote qui illustre bien les défis auxquels la production a été confrontée, mais surtout sa capacité à trouver des solutions créatives pour donner vie à cette histoire.

Ainsi, pendant plusieurs journées, les installations de Notre-Dame-de-la-Merci et de Joliette ont contribué à faire revivre une époque marquante de l'histoire du sport automobile, démontrant qu'avec de l'imagination, du savoir-faire et de la détermination, il est possible de transporter les spectateurs bien au-delà des frontières de Lanaudière, sans pour autant compromettre la qualité du résultat à l'écran.

Une histoire québécoise, racontée par des talents d'ici

Au-delà des voitures de course et des circuits recréés pour le grand écran, Villeneuve : The Rise of a Legend se distingue également par sa volonté de faire revivre toute une époque. Des décors aux effets visuels, chaque détail a été pensé pour replonger les spectateurs dans l'univers des premières années de compétition de Gilles Villeneuve.

Cette attention portée à l'authenticité se retrouve jusque dans la trame sonore du film. Plutôt que de miser sur les grands succès internationaux de l'époque, l'équipe de production a choisi de mettre en valeur des artistes et des groupes québécois dont les sonorités rappellent les courants musicaux alors populaires. Un choix qui contribue à ancrer davantage cette histoire dans ses racines québécoises.

Cette volonté de faire appel aux talents d'ici se reflète également dans la distribution, puisque l'acteur principal, dont la ressemblance avec Gilles Villeneuve à l'époque est frappante, est lui-même originaire de Joliette.

Mais au-delà de la prouesse technique et de l'ampleur du travail accompli, le film poursuit avant tout une mission : faire découvrir l'homme derrière la légende.

Si le nom de Gilles Villeneuve demeure associé à la Formule 1, les années qui ont précédé son ascension sont moins connues du grand public. En retraçant son parcours depuis l'enfance jusqu'à ses premières grandes réussites en course automobile, le film souhaite rappeler que derrière le pilote devenu célèbre se trouvait d'abord un jeune Québécois passionné, déterminé à réaliser son rêve.

Pour Lanaudière, cette production représente bien plus qu'une occasion de voir ses paysages et ses installations au grand écran. Elle témoigne de la richesse du savoir-faire régional et de la contribution de nombreux artisans, techniciens et entreprises qui ont uni leurs efforts pour faire revivre l'histoire de l'un des leurs.

Avec Villeneuve : The Rise of a Legend, il ne s'agit pas seulement de redonner vie à une légende, mais aussi de mettre en valeur le savoir-faire québécois et les talents lanaudois qui ont contribué à raconter son histoire.

Le film prendra l'affiche dans les salles de cinéma partout au Québec dès le 11 novembre.